Biographie

Pour faire comme tout le monde, un jour, je décide de naître. C’était aux alentours de 21h. Horaire plaisant pour aller découvrir le monde. Plaisant...Si mes parents avaient bien voulu m’accorder la permission de minuit. J’ai donc patiemment attendu de vieillir, d’aller à l’école, et de manger gras.

Puis vient l’époque du lycée, où j’y passe un peu plus de temps que prévu pour obtenir un baccalauréat économique et social. Malgré ça je ne comprends toujours pas BFM business.

Heureusement, pour s’évader, il existe le concept d’activité extra scolaire. Déjà que j’avais bien du mal à me rendre à mes cours de sport « scolaire », j’ai préféré diluer mon temps sur une guitare classique de grande surface. Elle sonne mal. Je joue mal. Nous faisons donc tout deux preuve de cohérence.

Puis, un soir, toujours vers 21h. Je décide de m’inscrire à un cours de théâtre avec un ami. A l’heure où j’écris ces lignes, on est toujours amis. C’était donc une bonne idée.

Puis vient la fac, où j’obtiens un DEUG en sociologie, une licence de médiation culturelle, et une agrégation apéritif. Je deviens président d’une association de théâtre parce que personne ne veut le faire. Je travaille dans une salle de concert qui contribuera à ma perte d’audition. J’allais me propulser vers un master avec un nom compliqué. Mais allais-je donc enfin comprendre BFM business ?

Le coup du sort arriva, ce dernier n’obtient pas l’agrément du ministère et sera donc fermé l’année prochaine. Avec une violence extrême, j’expulse un « Ô rage !Ô désespoir ! » Et là c’est la révélation, Mais pourquoi ne pas faire du théâtre?

Deux mois plus tard, j’atterris au cours d’art dramatique des théâtres associés à Paris, avec Philippe Chauveau et Jean Jacques Devaux comme professeurs. Je suis content, c’est la première fois que j’ai une carte orange Zone 1 à 5, je suis très fier.

J’y passe trois ans. On y monte un spectacle de Boris Vian, s'en suit quelques dates, c’est chouette. A l’issue de cette formation, j’entre très vite dans la cour des grands : c'est à dire à pôle emploi spectacle.

Avec mes 2m06 d'altitude, j'ai la chance de passer un casting dans un si petit théâtre, que j'ai la tête dans les projecteurs tout le long de l'audition. Mais la persévérance paie et les projets arrivent à tel point que : Je deviens imposable.

Un sacré tournant dans une carrière puisque je peux désormais affirmer dans les soirées mondaines, enfin, disons... dans les barbecues chez les copains, que mon métier c'est d'être comédien.

On peut donc, en France, être rémunéré pour diverses activités appelées communément "compétences professionnelles" telles que:

- Devenir un affreux monstre au cinéma dans l'espace chez Luc Besson ou en plein désert marocain chez Mathieu Turi

- Donner la réplique à Jean Dujardin sur une planche de surf supendue à 8 mètres de haut sur une plage en Thaïlande

- Jouer de la guitare, de la mandoline, du cajon et chanter sur scène

- Ecrire une histoire farfelue sur Microsoft word 2000 et en faire un spectacle

- Tourner avec une autruche pas commode et se faire chiquer le bras

- Tourner dans un vaisseau spatial

- Embrasser des filles sur scène dans le cadre de l’interprétation d’un personnage

- Devenir marquis à la cour de Louis XIV et porter des bas avec élégance.

- Danser avec un squelette sur scène

- Se transformer en épouvantail, homme machine ou encore en loup pour le plus grand plaisir des enfants.

- Et tant d’autres choses…

Finalement, il se peut que comprendre BFM buisness ne soit peut être pas ma priorité. Mais que je sais désormais répondre à la question “Tu fais quoi dans la vie?"!

- Je raconte des histoires et je prends un plaisir fou à vous les partager!

Et je suis d’autant plus fier... que désormais, j’ai enfin la permission de minuit !"